Arnaques au recrutement et fausses offres d'emploi
Aucun paiement, à personne, à aucune étape d'une recherche d'emploi : c'est la règle qui protège tout candidat au Sénégal. Voici comment reconnaître une fausse offre.
Le principe : faire payer un candidat est illégal
⚠ Le droit du travail décrit sur cette page est celui actuellement en vigueur, la loi 97-17. Un nouveau Code du travail a été voté le 18 août 2026 mais n'entre en vigueur qu'après sa promulgation et sa publication au Journal officiel, non confirmées au moment de la rédaction.
La règle centrale est simple et sans exception : en aucun cas il ne peut être exigé d'un demandeur d'emploi un paiement, sous quelque forme que ce soit, pour son inscription, son placement ou toute autre prestation liée à ces opérations (article L.228 de la loi 97-17). Le même article précise qu'un chef d'entreprise peut recruter directement un travailleur sans qu'aucune prestation préalable ni aucun paiement ne puissent lui être exigés. Concrètement : ni un intermédiaire, ni un employeur, ne peut légalement facturer à un candidat des « frais de dossier », des « frais de placement » ou une « caution » quelconque. C'est la colonne vertébrale de cette page.
Travail temporaire et annonces anonymes : ce que dit la loi
Le même principe de gratuité s'applique au travail temporaire : l'entreprise de travail temporaire est légalement l'employeur du travailleur intérimaire, qui n'a à verser aucune rétribution pour son placement (article L.226). Les opérations du service public de la main-d'œuvre sont elles aussi gratuites, et il est interdit de rétribuer un agent de ce service pour un placement.
Les annonces anonymes, publiées « sous références » sans nom d'employeur visible, sont autorisées dans la presse, mais encadrées : l'employeur doit s'être fait connaître du directeur de publication (article L.227). Une offre totalement intraçable — sans entreprise identifiable, sans adresse, sans aucun moyen de vérification — sort de ce cadre légal et doit être considérée avec méfiance.
Les formes réelles constatées au Sénégal
Plusieurs schémas reviennent régulièrement, documentés par des sources institutionnelles ou de vérification des faits — sans qu'il faille en déduire une liste d'entreprises ou d'agences précises à éviter, ce n'est pas l'objet de cette page.
Les faux concours de la fonction publique ou des forces de sécurité circulent régulièrement sur les réseaux sociaux, avec un numéro de téléphone à contacter en guise de « inscription ». La Gendarmerie nationale a par exemple publié un communiqué démentant de fausses annonces de concours diffusées en son nom pour une session à venir. Le vrai canal reste toujours le même : un arrêté officiel et un communiqué du ministère concerné, jamais un simple numéro de téléphone.
Autre schéma documenté : l'usurpation d'identité d'entreprises réelles. Une affiche de recrutement a par exemple circulé sur les réseaux sociaux en usurpant le nom d'Eiffage Sénégal, une entreprise bien réelle qui n'avait rien publié de tel — l'affiche a été démontée par un organisme de vérification des faits. Dans ce type de cas, l'entreprise dont le nom est utilisé est elle-même victime de l'usurpation, pas responsable de l'arnaque.
Les faux recruteurs sur WhatsApp ou Facebook, les arnaques par transfert d'argent mobile, et les faux placements figurent explicitement parmi les catégories couvertes par la plateforme nationale de signalement des cyberinfractions — la preuve institutionnelle que ce phénomène est suffisamment massif pour justifier un outil dédié.
Un dernier point de vigilance : les propositions de placement à l'étranger contre paiement. Les recrutements réguliers vers l'étranger passent par des conventions de main-d'œuvre entre États et des filières de migration régulière — toute « agence » qui demande un paiement pour un contrat à l'étranger est un signal d'alerte maximal, qui peut recouvrir à la fois une escroquerie et une filière migratoire irrégulière.
Signaux de reconnaissance
Ce qui doit systématiquement alerter, et pourquoi.
| Ce qui doit alerter | Pourquoi | |
|---|---|---|
| Demande de paiement | Frais de dossier, de formation obligatoire, de caution de matériel, transfert vers un numéro personnel | Illégal à toute étape (art. L.228) |
| Urgence artificielle | « Payez avant ce soir », délai anormalement court pour répondre | Technique classique pour empêcher de vérifier |
| Entretien inexistant ou par chat uniquement | Aucun échange réel, tout se passe par messages écrits | Un recrutement sérieux implique un échange direct |
| Documents sensibles demandés tôt | RIB, copie de CNI exigés avant tout entretien réel | Aucun besoin légitime à ce stade |
| Concours sans arrêté officiel | Annonce relayée uniquement par un numéro WhatsApp | Un concours public s'ouvre toujours par arrêté et communiqué officiel |
Sources : Code du travail (loi 97-17), signalementcyber.dgpn.sn, communiqué de la Gendarmerie nationale (2025).
Vérifier une offre avant d'y répondre
Quelques minutes de vérification évitent la plupart des arnaques.
- 1
Vérifier que l'entreprise existe réellement
5 minutesGratuitExistence, adresse, téléphone fixe identifiable — un annuaire en ligne comme SenPages permet cette vérification rapide.
- 2
Vérifier le canal pour un concours public
5 minutesGratuitUn concours de la fonction publique s'ouvre toujours par un arrêté et un communiqué officiel, jamais par un seul numéro de téléphone.
- 3
Vérifier le domaine de messagerie
1 minuteGratuitUne adresse e-mail officielle rattachée au nom de domaine de l'entreprise inspire davantage confiance qu'une adresse gratuite générique.
- 4
Ne jamais payer, à aucune étape
En continu0 FAucun paiement légitime n'est jamais demandé à un candidat pour son inscription ou son placement, quel que soit le motif invoqué.
- 5
Ne jamais remettre ses originaux
En continuGratuitCopies légalisées uniquement ; les originaux de diplômes se présentent, ils ne se laissent jamais entre les mains d'un recruteur ou d'un intermédiaire.
Où signaler une arnaque
La plateforme nationale de signalement des cyberinfractions, opérée par la Police nationale, couvre explicitement les catégories d'escroquerie, d'usurpation d'identité, d'arnaques par transfert d'argent mobile et de faux recrutements en ligne. Le signalement peut être anonyme ou identifié, et sert de pré-signalement avant une plainte formelle si besoin.
En présentiel, il est possible de se rendre à la Division spéciale de cybersécurité à Dakar, ou dans tout commissariat ou brigade de gendarmerie. Ce type de fait — obtenir un paiement d'un candidat sous couvert d'une fausse promesse d'embauche — peut constituer une infraction pénale d'escroquerie, punie d'une peine de prison et d'une amende.
Pour les pratiques qui viennent d'un employeur ou d'un intermédiaire identifié (frais exigés, « stage » fantôme, promesse non tenue), l'Inspection du Travail reste également un recours pertinent, en parallèle d'un signalement pénal si les faits le justifient.
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Questions fréquentes
Un recruteur peut-il me demander de payer des « frais de dossier » ?
Non. La loi l'interdit explicitement (article L.228) : aucun paiement ne peut être exigé d'un candidat pour son inscription, son placement ou une prestation liée à sa recherche d'emploi, quel que soit le nom donné à ce paiement.
Une agence d'intérim peut-elle me facturer son placement ?
Non. Dans le travail temporaire, l'entreprise d'intérim est légalement l'employeur, et le travailleur n'a à verser aucune rétribution pour ce placement (article L.226).
Comment reconnaître un faux concours de la fonction publique ?
Un concours réel s'ouvre toujours par un arrêté et un communiqué officiel d'un ministère, relayé par la presse officielle. Une annonce relayée uniquement par un numéro de téléphone ou un groupe WhatsApp, sans arrêté associé, doit être considérée comme suspecte.
Une entreprise connue peut-elle être victime d'une fausse offre publiée en son nom ?
Oui, c'est un schéma documenté : une affiche de recrutement usurpant le nom d'Eiffage Sénégal a par exemple circulé sur les réseaux sociaux sans que l'entreprise n'ait rien publié de tel. Dans ce cas, l'entreprise citée est victime de l'usurpation, pas à l'origine de l'arnaque.
Où signaler une offre d'emploi suspecte ?
La plateforme nationale de signalement des cyberinfractions (opérée par la Police nationale) couvre spécifiquement les faux recrutements en ligne. En présentiel, un commissariat, une brigade de gendarmerie ou la Division spéciale de cybersécurité à Dakar peuvent aussi recevoir un signalement.
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