Transport routier : ce que la loi impose vraiment
Permis, âge, certificat médical, agrément d'entreprise : ce qu'un transporteur doit vraiment respecter au Sénégal.
Le texte en vigueur : Code de la route et décret d'application
Ce dossier fait partie de la série Les formations obligatoires en entreprise au Sénégal. Pour un conducteur professionnel ou une entreprise de transport, le droit applicable aujourd'hui reste la loi n° 2002-30 du 24/12/2002 portant Code de la route et son décret n° 2004-13 du 19/01/2004. Contrairement à ce que vendent certains centres de formation, il n'existe aucune FIMO ni FCO (formation initiale ou continue des conducteurs) au Sénégal : ce sont des dispositifs de l'Union européenne, sans équivalent sénégalais en vigueur. La liste des autres calques français à connaître est dans Les fausses obligations importées de France, et le socle commun à tous les secteurs dans Ce que la loi impose vraiment.
Le permis par catégorie de véhicule
Ce que le décret n° 2004-13 exige selon le type de véhicule conduit à titre professionnel (art. 94-95).
| Véhicules concernés | Âge minimum | |
|---|---|---|
| Permis C | Marchandises, poids total en charge de 3 500 à 18 000 kg | 22 ans |
| Permis C1 | Plus de 18 000 kg, véhicules articulés, ou véhicules affectés au transport de matières dangereuses | 22 ans |
| Permis D | Transport public de voyageurs, y compris les taxis, et transport privé de plus de huit places assises hors conducteur | 25 ans, et titulaire du permis B depuis un an au moins |
| Permis E | Remorque de plus de 750 kg | Conditions du permis du véhicule tracteur |
Source : loi n° 2002-30 du 24/12/2002 portant Code de la route et décret n° 2004-13 du 19/01/2004, art. 94-95. Un certificat médical de moins de quatre mois doit être versé au dossier de permis (annexe M).
Ce qui n'existe pas : carte professionnelle, certificat de capacité, FIMO
Le décret n° 2004-13 ne crée ni carte professionnelle de chauffeur, ni certificat de capacité, ni formation continue obligatoire pour les conducteurs. La seule « formation de formateurs » réglementée concerne les moniteurs d'auto-école agréés (art. 105). L'idée d'un « diplôme » ou d'une « attestation de capacité » pour le transport de groupes, qui circule à Dakar, ne correspond à aucune exigence du décret n° 2004-13. Avant de payer une telle formation, demandez qu'on vous cite le texte sénégalais qui l'impose.
Devenir transporteur : agrément et licence de l'entreprise
Créer une entreprise de transport routier exige un agrément et une licence (décret n° 2008-533 du 22/05/2008, pris en application de la loi n° 2003-04 du 27/05/2003 d'orientation des transports terrestres) : pièces administratives et une taxe de 30 000 FCFA. Aucune condition de capacité professionnelle (diplôme, expérience minimale) n'a été relevée dans les sources consultées pour ce dossier — à confirmer auprès de la Direction des Transports Terrestres avant de conclure qu'aucune exigence de ce type ne s'applique à votre cas. Si vous souhaitez tout de même former vos chauffeurs de façon volontaire, les dispositifs de financement sont décrits dans Qui paie la formation obligatoire. Les métiers de la logistique, du transport et du portuaire sont présentés dans Logistique, transport et portuaire.
Matières dangereuses : un vide juridique reconnu
Il n'existe pas d'équivalent sénégalais de l'ADR (accord européen sur le transport de matières dangereuses). Le directeur de la Protection civile a lui-même reconnu, en 2012, un « vide juridique » sur ce sujet. La seule trace réglementaire trouvée est le permis C1, qui couvre notamment les « véhicules automobiles affectés au transport de matières dangereuses » (décret 2004-13, art. 94) ; le seul texte identifié sur le transport de marchandises dangereuses concerne le transport aérien (arrêté n° 3567 MIET-DAC-DTAET du 30/05/2003), pas la route. Les formations « ADR » vendues à Dakar répondent à des exigences contractuelles des compagnies pétrolières et de leurs dépôts, pas à une obligation légale.
Ça change : la réforme du Code de la route
Un nouveau Code de la route a été voté à l'unanimité fin septembre 2024, pour remplacer la loi 2002-30 et transposer la directive UEMOA n° 15/2009/CM du 25/09/2009 sur l'organisation de la formation au permis de conduire. Ses innovations annoncées incluent le permis à points, la vidéo-verbalisation, et une « professionnalisation des conducteurs, avec une formation plus structurée », en particulier pour les conducteurs de transport public.
En mars 2026, le ministre des Transports indiquait des travaux techniques avancés et une application visée, sans toutefois annoncer de décrets d'application publiés. Le numéro et la date de promulgation du texte n'étaient pas non plus établis. Tant qu'aucun décret d'application n'est publié, le droit qui s'applique reste la loi 2002-30 et le décret 2004-13 décrits plus haut. Vérifiez l'état d'application auprès du ministère des Transports avant de vous engager sur une formation présentée comme « obligatoire » à ce titre.
Vous devez former votre personnel ?
Dites-nous votre secteur, votre effectif et ce qu'on vous présente comme obligatoire. Un conseiller SenFormation vous dit ce qu'un texte sénégalais impose réellement dans votre cas, et vous oriente vers les centres qui correspondent.
Questions fréquentes
Existe-t-il une FIMO ou une FCO obligatoire au Sénégal, comme en France ?
Non. FIMO et FCO sont des dispositifs de l'Union européenne. Le décret sénégalais n° 2004-13 n'exige, pour un conducteur professionnel, que le permis de la catégorie correspondante et un certificat médical de moins de quatre mois.
Quel permis faut-il pour conduire un camion de plus de 18 tonnes ?
Le permis C1, à partir de 22 ans (décret 2004-13, art. 94-95). Ce permis couvre aussi les véhicules affectés au transport de matières dangereuses.
Faut-il une formation spécifique pour transporter des matières dangereuses ?
Aucun texte équivalent à l'ADR européen n'a été identifié au Sénégal — un « vide juridique » reconnu par la Protection civile en 2012. Seul le permis C1 encadre les véhicules concernés. Les formations « ADR » proposées à Dakar répondent à des exigences contractuelles des compagnies pétrolières, pas à une obligation légale.
Pour ouvrir une entreprise de transport, faut-il un diplôme ou une formation ?
Le décret n° 2008-533 exige un agrément, une licence et une taxe de 30 000 FCFA, mais aucune condition de capacité professionnelle n'a été relevée dans les sources consultées — à confirmer auprès de la Direction des Transports Terrestres.
La réforme du Code de la route va-t-elle créer de nouvelles obligations de formation ?
C'est ce qu'annonce le gouvernement — une « professionnalisation des conducteurs » avec une formation plus structurée — mais le texte n'était pas promulgué ni ses décrets d'application publiés à la rédaction de ce dossier. Le cadre applicable aujourd'hui reste celui décrit dans Ce que la loi impose vraiment ; vérifiez l'actualité réglementaire auprès du ministère des Transports.
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