Dossier SenFormation

Se former aux métiers de l'agriculture et de l'agrobusiness au Sénégal

Trois portes pour se former à l'agriculture au Sénégal, et aucune ne donne la terre. Ce dossier vous dit laquelle vous correspond, qui la finance, et ce qu'il faudra régler à côté.

Vous voulez produire, élever, transformer ou vendre, et vous cherchez « une formation en agriculture ». Au Sénégal, cette question a trois réponses très différentes selon votre situation. La formation initiale diplômante forme des techniciens après le BFEM et des ingénieurs après le bac, dans des centres publics rattachés aux ministères de l'Agriculture, de l'Élevage, de l'Environnement ou des Pêches. Les formations courtes et le conseil s'adressent à ceux qui travaillent déjà : sessions de quelques semaines, appels annuels de l'ONFP, accompagnement de l'ANCAR. Les programmes d'insertion de l'État, enfin — fermes de l'ANIDA, domaines agricoles communautaires du PRODAC —, associent formation et installation.

Deux choses à savoir avant de choisir. D'abord, aucune formation ne donne la terre : dans les zones de terroir, les terres s'obtiennent par une délibération du conseil municipal (loi n° 64-46 du 17 juin 1964 sur le domaine national), pas auprès d'un centre de formation. Ensuite, le diplôme ne donne plus automatiquement un poste dans l'État : en avril 2025, le ministère de l'Agriculture comptait 1 500 diplômés de ses centres, promotions 2019 à 2024, en attente d'insertion. Ce dossier vous aide à choisir en connaissance de cause.

Tout ce qui suit est établi sur des sources sénégalaises : ministères, établissements, ANSD, avis de concours. Aucune date de concours ou d'appel n'y est donnée comme certaine : les calendriers changent chaque année, et seul l'avis de l'année fait foi.

Quatre repères, chacun daté

44,5 %
des ménages sénégalais pratiquent une activité agricole (909 638 ménages)

ANSD, RGPH-5 2023, chapitre Agriculture, rapport définitif publié en juillet 2025

65
places au concours unique des trois centres nationaux de formation des techniciens (CNFT), session 2025

Avis de concours de la DECPC relayé par la presse spécialisée (2025) — des relais annoncent le même nombre en 2026 ; vérifiez l'avis de l'année

1 500
diplômés des centres agricoles et d'élevage (promotions 2019-2024) en attente d'insertion

Ministère de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Élevage, 22/04/2025

35
techniciens de l'élevage et des industries animales diplômés au CNFT de Saint-Louis (49e promotion)

APS, 08/08/2026

Les portes d'entrée, selon votre niveau

Où vous former selon ce que vous avez déjà, et ce que vous obtiendrez à la sortie. Les conditions (âge, frais, épreuves) changent d'une session à l'autre : le détail est dans les pages du dossier, et l'avis de l'année fait foi.

Niveau d'entréeOù se formerCe que vous obtenezComment entrer
Sans le BFEMFin de 4e, ou aucun diplômeCFPH de Cambérène (CAP horticole) ; centres d'initiation horticole (CIH, souvent appelés CIPA) ; formations de l'ONFPCAP horticole en 2 ans ; initiation sans diplôme nationalConcours du centre, ou appel annuel
Après le BFEMBFEMTrois CNFT (agriculture et génie rural, élevage et industries animales, eaux et forêts) ; CFPH ; CNFTPA pour la pêcheBrevet de technicien en 3 ans ; diplôme d'agent technique pour la pêcheConcours unique de la DECPC pour les CNFT ; concours propre au CFPH et au CNFTPA
Après le bacBaccalauréatISEP de Richard-Toll et de Bignona ; BTS agricolesDiplôme de technicien supérieur, bac+2Candidature auprès de l'établissement ; concours de la DECPC pour les BTS, selon les avis relayés
Après un bac scientifiqueBac S1 à S5ISFAR de Bambey ; ENSA de ThièsIngénieur des travaux (bac+3) ; ingénieur agronomeConcours (l'ISFAR admet aussi sur dossier, en formation payante)
Déjà actif ou producteurPas de diplôme exigé en règle généraleITA (transformation) ; ONFP ; conseil agricole de l'ANCARAttestation ; pas de diplôme nationalInscription auprès de l'institut ; appel annuel de l'ONFP ; le plus souvent via son organisation de producteurs pour l'ANCAR

Sources : ministère de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Élevage ; sites de l'ISEP de Richard-Toll, de l'ISEP de Bignona, de l'UADB (ISFAR), de l'ITA et de l'ANCAR ; avis de concours de la DECPC, du CFPH et du CNFTPA relayés par la presse (2025-2026). Détail établissement par établissement : « La carte des formations agricoles ».

Choisir sa formation agricole en cinq étapes

L'ordre compte : on part de son niveau, on vérifie qui paie, et on règle la terre avant la fin de la formation — pas après.

  1. 1

    Situer son niveau et son projet

    —

    Technicien, ingénieur, producteur qui veut se perfectionner, transformateur : chaque profil a sa porte. Commencez par la carte des formations agricoles.

  2. 2

    Choisir la voie qui correspond à votre diplôme

    Selon l'avis de l'année

    Après le BFEM : devenir technicien agricole. Après le bac : ISEP, ISFAR, ENSA. Sans le BFEM : les voies qui restent ouvertes. Déjà en activité : les formations courtes.

  3. 3

    Savoir qui paie

    —

    ONFP, 3FPT, programmes de l'État : plusieurs guichets financent des formations agricoles, chacun avec ses conditions. Voir les programmes de l'État et financer sa formation.

  4. 4

    Régler la terre, l'eau et le statut à côté

    Pendant la formation

    Une formation ne donne ni parcelle, ni forage, ni statut juridique. Voir ce qu'il faut régler à côté de la formation, et se faire accompagner par le conseil agricole.

  5. 5

    Préparer la sortie, et se méfier des promesses

    —

    Le recrutement dans l'État n'est plus automatique. Voir emploi et installation après la formation, puis les promesses de l'agrobusiness à vérifier avant de payer une formation privée.

Accompagnement SenFormation

Vous voulez vous former à l'agriculture ?

Dites-nous votre niveau d'études, votre région et ce que vous voulez faire — produire, élever, transformer ou vendre. Un conseiller SenFormation vous oriente vers la porte d'entrée qui vous correspond et vers ceux qui peuvent la financer.

En envoyant ce formulaire, vous acceptez d'être recontacté par SenFormation. Vos données ne sont jamais revendues.

Formations agricoles et agroalimentaires de notre annuaire

Les formations référencées sur SenFormation dont l'intitulé touche à l'agriculture ou à l'agroalimentaire. L'annuaire en compte encore peu : les établissements publics présentés dans ce dossier n'y figurent pas tous.

Questions fréquentes

Quelle formation agricole peut-on suivre après le BFEM ?

La voie principale est celle des centres nationaux de formation des techniciens (CNFT) : agriculture et génie rural, élevage et industries animales, eaux et forêts. On y entre par un concours unique organisé par la DECPC, et l'on en sort en 3 ans avec un brevet de technicien. Le CFPH de Cambérène forme à l'horticulture et le CNFTPA à la pêche et à l'aquaculture, chacun avec son propre concours.

Les conditions d'âge et les frais changent selon les sessions : lisez l'avis de l'année. Détail : devenir technicien agricole après le BFEM.

Peut-on se former à l'agriculture sans le BFEM ?

Oui. Le CAP horticole du CFPH de Cambérène est accessible, selon les avis de concours relayés, après la classe de 4e ou à la sortie d'un centre d'initiation horticole. Les centres d'initiation horticole accueillent des jeunes sans diplôme, et l'ONFP ouvre des formations agricoles à des niveaux modestes lors de ses appels annuels.

Voir se former à l'agriculture sans le BFEM.

Est-on recruté par l'État à la sortie d'un centre de formation agricole ?

Plus automatiquement. Les CNFT ont longtemps formé des techniciens que les ministères recrutaient ensuite ; ce recrutement dépend aujourd'hui des postes ouverts chaque année. En avril 2025, le ministère de l'Agriculture comptait 1 500 diplômés de ses centres, promotions 2019 à 2024, en attente d'insertion.

Le concours d'entrée dans un CNFT est un concours d'entrée en formation, pas un concours de recrutement. Voir emploi et installation après la formation.

Une formation agricole peut-elle me donner une terre ?

Non. Dans les zones de terroir, les terres de culture s'obtiennent par une délibération du conseil municipal, sous le régime de la loi n° 64-46 du 17 juin 1964 sur le domaine national. Certains programmes d'installation, comme les fermes de l'ANIDA, demandent même, selon les appels relayés par la presse, une terre déjà délibérée pour candidater.

Voir la formation ne donne pas la terre.

Quelle différence entre ingénieur des travaux et ingénieur agronome ?

L'ingénieur des travaux formé à l'ISFAR de Bambey suit 3 ans d'études après le bac (180 crédits) : c'est un niveau bac+3. L'ingénieur agronome est formé à l'ENSA de Thiès, sur un cursus plus long. Les deux titres ne se valent pas sur le marché du travail ni pour la poursuite d'études.

Voir après le bac : ISEP, ISFAR, ENSA.

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