Le test décisif

Attestation, certificat, diplôme : ce que vaut vraiment votre papier

Si le centre qui forme délivre aussi le papier final sans examen d'un organisme tiers, c'est une attestation, pas une certification — elle n'engage que lui.

Le test en une phrase

Le test tient en une phrase, et il vaut pour n'importe quel centre, n'importe quel programme : si le centre qui forme délivre aussi le papier final, sans examen passé devant un organisme tiers, c'est une attestation — pas une certification. Elle n'engage que le centre.

Ce test n'est pas une opinion, il découle directement de la définition légale de la certification donnée par la loi n°2015-01 du 6 janvier 2015 d'orientation de la Formation professionnelle et technique (titre premier, définitions) : une certification, c'est la « délivrance, par une instance officielle, d'un document authentifiant les compétences […] par rapport à une norme de référence attachée à un diplôme, un titre ou certificat de qualification professionnelle ». Un « certificat » signé par le centre seul, sans instance officielle extérieure, ne coche donc pas cette case — quel que soit le nom qu'on lui donne sur le papier.

Ce sujet est déjà traité en profondeur sur le dossier certifications professionnelles ; cette page le complète côté centre de formation, sans le dupliquer : à qui s'adresser, et comment vérifier, quand c'est un centre — et non le futur employeur — qui vous pose la question.

La hiérarchie des titres, du moins solide au plus solide

Six niveaux de papier circulent en formation professionnelle au Sénégal. Voici, pour chacun, qui le délivre réellement et ce qu'il vaut.

Qui délivreValeurComment le vérifier
Attestation de participation / de présenceLe centre, seul, sans examen tiersAucune valeur officielle — n'engage que le centre. Utile comme preuve de suivi, rien de plusRien à vérifier à l'extérieur : elle ne repose que sur la parole du centre
Attestation de fin de formation / « certificat » interneLe centre, seulValeur = réputation du centre. Aucun texte ne l'homologueIdem — aucune instance officielle à interroger
Certificat de qualification professionnelle (CQP)Dispositif public (ministère de la Formation professionnelle et technique, structures sous tutelle)Reconnu dans le système de formation professionnelle, cité par la loi 2015-01 aux côtés du diplôme et du titreDemander au centre l'organisme public qui délivre le CQP annoncé, et vérifier directement auprès de lui
Titre professionnel (au sens sénégalais)Le ministère chargé de la Formation professionnelle et techniqueValeur officielle — mais c'est l'État qui le délivre, jamais le centre lui-mêmeUn centre qui revendique délivrer « son » titre professionnel en son nom propre sort du cadre légal
Diplômes d'État de la FPT (CPS, CAP, BEP, BT, BTS, BP)L'État, via un examen national organisé par la DECPC : sujet, correction et jury nationauxValeur officielle pleine ; le centre prépare, l'État délivreDemander à quel examen le centre présente ses candidats — voir la page diplômes d'État et examens
Certifications internationales (Cisco, PMI, PECB, Microsoft…)L'organisme certificateur étranger, via un examen surveilléValeur = registre en ligne du certificateur, vérifiable au numéro du certificatChercher le numéro de certificat dans le registre du certificateur, jamais sur la seule foi d'un logo affiché au mur

« Titre professionnel » : un mot qui existe, mais pas au nom d'un centre privé

Une nuance mérite d'être posée clairement, parce qu'elle se prête à la confusion dans les deux sens. Le terme « titre professionnel » existe bel et bien en droit sénégalais : la loi 2015-01 l'emploie à ses articles 11 et 29, aux côtés du diplôme. Ce qui est faux, ce n'est donc pas l'existence du mot — c'est son usage par un centre privé qui revendiquerait délivrer « son » titre professionnel, en son nom propre, comme un gage de reconnaissance officielle. L'article 29 est net sur ce point : c'est le ministère chargé de la Formation professionnelle et technique qui délivre les diplômes et les titres professionnels — jamais le centre où l'on a étudié.

La question à poser, dans les deux cas, reste la même : qui, en dehors du centre, a validé ce papier ? Si la réponse est « personne », le mot employé sur l'attestation — certificat, titre, diplôme maison — ne change rien à sa portée réelle.

Le CQP et les certifications internationales, deux cas à part

Le certificat de qualification professionnelle (CQP) occupe une place particulière dans ce paysage : contrairement à l'attestation maison, c'est un dispositif public, relevant du ministère de la Formation professionnelle et technique ou de structures placées sous sa tutelle, et la loi 2015-01 le cite explicitement aux côtés du diplôme et du titre. Un centre privé peut préparer à un CQP, mais ne le délivre pas lui-même — la vérification suit la même logique que pour un diplôme d'État : demander quel organisme public valide effectivement le CQP annoncé.

Les certifications internationales (Cisco, PMI, PECB, Microsoft et d'autres) suivent une logique différente, mais avec la même règle de fond : c'est l'organisme certificateur étranger, pas le centre de formation sénégalais, qui délivre la certification, généralement via un examen surveillé (type Pearson VUE). Le statut de partenaire local du centre, comme le certificat final de l'apprenant, se vérifient tous deux dans le registre en ligne du certificateur — jamais sur la seule foi d'un logo affiché sur un mur ou une plaquette. Nos dossiers sur des filières recherchées en donnent des illustrations concrètes : certification Microsoft, formation cybersécurité et formation big data.

Pas de répertoire national pour vérifier un titre

Une envie légitime, à ce stade, serait de chercher un registre unique où taper le nom d'un titre ou d'un centre pour obtenir une réponse. Ce registre — l'équivalent d'un répertoire national des certifications — n'existe pas encore de façon consultable au Sénégal. Un Cadre national des certifications est en construction depuis 2024, avec un plan de travail qui court jusqu'à fin 2026 ; la loi 2015-01 prévoit elle-même, à son article 30, que « les titres et diplômes décernés sont répertoriés, classés et publiés en cohérence avec le système national de classement » — une obligation légale qui existe depuis 2015, mais qu'aucun outil public ne permet encore de consulter en pratique.

Concrètement, un lecteur sénégalais ne peut donc pas « vérifier un titre dans un registre » comme il vérifierait un numéro de compte bancaire. Les vérifications réellement possibles restent celles détaillées dans ce dossier : l'arrêté d'autorisation du centre — voir comment vérifier qu'un centre est en règle —, le caractère d'État du diplôme préparé, et pour une certification internationale, le registre en ligne du certificateur lui-même.

Pour aller plus loin

Cette page s'est concentrée sur la question du centre : qui délivre le papier, et comment le vérifier avant de s'inscrire. Deux dossiers du site vont plus loin sur des sujets voisins, sans redondance avec celui-ci :

Et pour la pièce la plus solide de toute cette hiérarchie, le diplôme d'État — ce qu'il recouvre, comment s'y présenter, et pourquoi le centre qui y prépare n'est jamais celui qui l'accorde — la page suivante du dossier y est consacrée : les diplômes d'État et les examens.

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Questions fréquentes

Un « certificat » délivré par mon centre de formation a-t-il une valeur officielle ?

Pas au sens de la loi sénégalaise, si aucune instance officielle extérieure au centre n'intervient dans sa délivrance. La loi 2015-01 réserve le mot « certification » à un document délivré par une instance officielle, par rapport à une norme de référence — un certificat signé par le seul centre qui a dispensé la formation n'entre pas dans cette définition.

Un centre privé peut-il délivrer un « titre professionnel » ?

Non, pas en son nom propre. Le titre professionnel existe en droit sénégalais (loi 2015-01, art. 11 et 29), mais c'est le ministère chargé de la Formation professionnelle et technique qui le délivre — jamais le centre où l'on a étudié.

Comment vérifier une certification internationale obtenue au Sénégal ?

Dans le registre en ligne du certificateur (Cisco, PMI, PECB, Microsoft…), au numéro du certificat — jamais sur la seule foi d'un logo affiché par le centre. Le statut de partenaire local du centre se vérifie de la même façon.

Existe-t-il un registre national où vérifier un diplôme ou un titre sénégalais ?

Pas encore de façon consultable en ligne. Un Cadre national des certifications est en construction, avec un plan de travail courant jusqu'à fin 2026. En attendant, la vérification passe par l'arrêté d'autorisation du centre et par le caractère d'État du diplôme préparé.

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